Le Chant de Vaudémont à la Nuit du Conte

Je viens de recevoir une critique de la part de l’association ETRE (Éveil de Talents et Richesses d’Expression), suite à la manifestation littéraire La Nuit du Conte qui s’est déroulée à Gorcy (54). Voici ce qu’ils me disent à propos du Chant de Vaudémont :

Bravo pour le style. C’est clair et bien écrit. Un peu précieux peut-être, mais cela convient à l’histoire. Pour celle-ci, les lecteurs ont des avis très tranchés. Ce type de nouvelle plaît généralement aux dames, alors que les messieurs, moins romantiques sans doute, se lassent à la lecture. Songe et surnaturel ne les inspirent pas !

Un texte merveilleux, un peu trop peut-être pour plaire à tous. En tout cas, bravo pour votre écriture… et surtout : continuez !

Avant de répondre à cette critique, je souhaiterais remercier les membres de cette association et tous ceux qui ont pris le temps de lire mon texte à l’occasion de cette manifestation culturelle. Merci beaucoup à Sonia qui a fait la démarche de leur en transmettre un exemplaire.

Il est vrai que j’ai cherché à ciseler le style pour l’adapter à l’ambiance générale du texte, mais également aux différentes séquences. Pour autant, je ne sais pas si “précieux” est le qualificatif qui conviendrait. S’il m’est arrivé, à mes débuts, d’employer un style ampoulé, je n’en supporte aujourd’hui même plus la lecture. Ici, les effets de style ont une fonction narrative et j’ai voulu donner plus de poids à la langue que dans ce que j’écris actuellement, où la complexité des intrigues appelle un style beaucoup plus direct. Dans Le Chant de Vaudémont, j’ai cherché à dépeindre une ambiance, des impressions. Je ne l’ai pas envisagé comme une démarche de progression, même s’il fallait une intrigue, si simple soit-elle, comme prétexte à la description.

Si ce texte plaît généralement moins aux hommes, comme cela semble être le cas, ce n’est pas, à mon avis, en raison du surnaturel, mais plutôt en raison de la forme picturale que j’ai choisie. Ceci étant, je connais des hommes qui ont beaucoup apprécié ce texte, mais il s’agit de lecteurs présentant des affinités particulières avec l’histoire et des courants littéraires comme le Romantisme. Les sensibilités ne dépendent pas uniquement du sexe des lecteurs, mais aussi de leur environnement et de leurs habitudes culturelles. Une chose est certaine : on ne peut pas établir là-dessus de règle générale. J’ai vu des personnes pour lesquelles je pensais que ce texte serait inadapté l’apprécier au plus haut point, et d’autres que j’aurais imaginé réceptives ne pas accrocher à la lecture. Comme quoi un récit est une aventure à la fois pour les personnages, pour l’auteur et pour les lecteurs. Il y a ceux qui se laissent embarquer et ceux qui regardent simplement le bateau partir. Mais réussir à écrire un texte qui plaise à tout le monde, je crois que c’est impossible !

H.F.

Publié dans:  on 24 octobre 2009 at 07:12 Laisser un commentaire

Premier salon littéraire

Avec un mois de retard, les impératifs professionnels m’ayant laissé peu d’énergie à consacrer à ce blog, je voudrais dresser le bilan de ma participation à la dernière édition du Livre sur la Place à Nancy, où j’ai été accueillie sur le stand du salon de thé-restaurant Le Lez’Art pour y proposer Le Chant de Vaudémont. J’ai eu beaucoup de mal à m’extérioriser, car j’étais impressionnée par le monde qui défilait et le bruit des pas amplifié par le parquet flottant. Ma voisine de gauche avait une bibliographie impressionnante et la “tchatche”, comme on dit. Elle m’engageait à interpeller le public, ce qu’elle-même faisait, quitte à se trouver confrontée à des réactions pas toujours agréables. Ma voisine de droite, une charmante journaliste, me lançait régulièrement des moues dépitées lorsque les gens passaient sans même répondre à notre “bonjour”, voire se sentaient agressés. J’ai fini par me décider à tendre spontanément mon livre lorsque je voyais un regard se tourner vers lui. Je n’ai pas l’esprit commerçant. Il paraît que par la force des choses, on l’acquiert. La première matinée, je n’ai rien vendu, et j’en venais à me demander si cela valait la peine d’insister. Sur les deux demi-journées suivantes, j’ai eu dix clients, dont une à la toute dernière minute (comme quoi il ne faut jamais se presser de partir). Pour la majorité, je n’ai pas eu grand chose à faire. C’était le coup de coeur qui décidait à l’achat, peut-être en raison du côté intrigant de la quatrième de couverture et des quelques pages feuilletées.

En discutant avec mes voisins, j’ai appris beaucoup, notamment concernant les déboires des auteurs avec les éditeurs. D’après eux, seule une infime partie des éditeurs de nos jours font leur travail correctement, et ce ne sont pas forcément des éditeurs connus. De même, le fait qu’un éditeur soit réputé ne garantit pas la qualité de ses prestations. Souvent, l’auteur ne bénéficie que d’un soutien très minime et doit se débrouiller seul ou quasiment pour assurer la promotion de son ouvrage. D’où l’intérêt de bien se renseigner, de prendre le temps de la réflexion et de faire attention aux contrats que l’on signe. Bref, de faire tout ce que je n’ai pas fait pour la publication de ce livre. Je crois que j’étais trop pressée. Heureusement que mon droit de préférence vaut pour des nouvelles uniquement. Ça me laisse le champ libre quant à la publication de mes romans en préparation. Cette erreur sera formatrice.

Je profite de cet article pour remercier une fois encore les frères Marchand, Pascale Houillon et toute l’équipe du Lez’Art, qui ont retenu ma candidature. Leur rôle dans ce salon est très important, car ils accordent une attention particulière aux auteurs qui ont du mal à se faire connaître. J’espère que le faible nombre d’exemplaires vendus – au regard de ceux écoulés par mes voisines – ne les a pas trop déçus. En ce qui me concerne, gagner dix lecteurs – et sans doute plus, si les livres circulent dans leur entourage – c’est un bonheur immense.

Merci à tous ceux qui ont choisi mon livre ! J’espère qu’ils n’hésiteront pas à venir sur ce blog pour me faire part de leurs impressions.

H.F.

Publié dans:  on 23 octobre 2009 at 05:44 Laisser un commentaire

Quatrième de couverture erronée (dans la série “Les déboires des jeunes auteurs”)

Suite à une indélicatesse notoire de l’éditeur du Chant de Vaudémont, qui a cru bon de ne pas attendre mon feu vert pour modifier la quatrième de couverture de l’ouvrage, je me vois obligée de démentir les informations qui figurent, de fait, sur certains exemplaires de ce livre. Malheureusement, cet éditeur, qui habituellement imprime les ouvrages à la demande, s’est là encore permis de constituer des stocks sans m’en faire part au préalable. A ce jour, j’ignore combien d’exemplaires de mon ouvrage affublés de ce descriptif pour le moins fantaisiste ont été tirés. Pour ma part, j’en ai actuellement une centaine sur les bras, pour lesquels je vais devoir constituer des jaquettes, tout cela, naturellement, à mes frais. En prévision des achats qui ne seraient pas directement effectués auprès de moi (à ce niveau, on peut toujours rêver !), je tiens à remettre les pendules à l’heure.

Pour commencer, je précise que je ne suis pas historienne, mais simplement diplômée d’histoire, au niveau Master, ce qui ne suffit pas pour m’arroger ce titre. Pardon aux enseignants d’université et aux chercheurs de profession qui me connaissent et pourraient interpréter cela comme une prétention quelconque ! En outre, je ne me suis nullement inspirée, pour écrire Le Chant de Vaudémont, de quelconques légendes de Lorraine. Il s’agit d’une fiction personnelle, dans laquelle on peut trouver tout au plus une allusion à certains mythes grecs des origines. Enfin, je ne sais pas où ils ont vu se promener le fantôme de Barrès ! Je ne fais qu’évoquer cet auteur dans le premier paragraphe, simplement pour rappeler qu’il a dépeint Sion, située à l’autre bout de la colline. En aucun cas je ne me suis inspirée de lui pour créer l’un de mes personnages ! Parler des livres que l’on n’a pas lus implique un minimum de prudence, car le résultat peut être du plus mauvais effet… La preuve !

Je pourrais leur faire grâce du trait d’union à “Moyen Âge”, mais tant que nous y sommes, autant ne rien laisser passer !

Je précise que cet épisode n’est que le dernier en date d’une suite de déceptions, à propos desquelles j’avais pour l’instant préféré ne pas gâcher de pixels. Mais là, la coupe est pleine ! Non seulement je ne bénéficie pas d’une meilleure diffusion que si je m’étais auto-éditée, mais je dois me battre pour faire respecter mon droit moral !

Jeunes auteurs, prenez garde aux contrats que vous signez ! Si l’éditeur ne s’engage pas explicitement à effectuer lui-même des démarches sérieuses de promotion auprès de diffuseurs physiques – je parle de librairies en ville, car le fait d’être référencé sur des sites de vente en ligne ne signifie pas que les libraires qui tiennent boutique ou les particuliers vont remarquer et acheter votre livre – conservez vos droits ! J’ai fini par comprendre à mes dépens ce que signifiait “mettre en oeuvre les moyens permettant à l’auteur d’assurer sa promotion” – sous-entendu : d’assurer lui-même sa promotion ! Et voilà, vous avez signé, et votre éditeur est inattaquable, retranché derrière des formulations suffisamment floues pour vous berner et trop pour prendre des engagements concrets ! Vous êtes référencé, pour le reste, débrouillez-vous ! Mais pour être référencé sur Internet, y compris sur des sites de vente en ligne, pas besoin d’un éditeur. Un simple imprimeur à la demande suffit.

Être édité est devenu très facile ! Être diffusé, c’est autre chose…

H.F.

Séance de dédicace à Nancy le 13 septembre 2009

Hedwige Fabry

vous convie à la dédicace de son ouvrage

Le Chant de Vaudémont

(nouvelle fantastique régionale)

qui aura lieu

le Dimanche 13 septembre de 10 h 30 à 13 h

à la librairie Lotharingie,

au 113, Grande Rue à Nancy, face au Musée Lorrain

Source : www.nancyvillevieille.fr

Source : www.nancyvillevieille.fr

Publié dans:  on 11 septembre 2009 at 07:32 Laisser un commentaire
Tags: , , , ,

Debussy entre estampes et impressions

N’écoutez que le vent qui passe ; il nous raconte l’histoire du monde.” Claude Debussy

Portrait de Claude Debussy en 1908, par Félix Nadar

Portrait de Claude Debussy en 1908, par Félix Nadar

Lorsque j’ai entendu pour la première fois les Préludes pour piano de Claude Debussy, vers l’âge de quinze ans, j’ignorais tout de ce compositeur. Pourtant, la première image qui s’est alors dessinée dans mon esprit était celle d’une toile impressionniste. Lorsque, quelque temps plus tard, j’ai découvert que l’impression était au centre de sa composition, j’ai eu le sentiment qu’il était parvenu à relever un défi a priori impossible à relever pour une musique que, peut-être à tort, nous qualifions de “savante”. Le critique Debussy, qui n’avait pour prétention que de fournir le plus sincèrement du monde ses impressions, et non une réflexion calculée, déplorait la musique trop scientifique, enfermée dans une structure formelle héritée de la sonate et du sempiternel développement thématique. A travers des formes ouvertes, ce compositeur nous offre une musique qui, si elle n’est pas de l’improvisation, a le caractère de l’improvisation. Mais ses rapports avec l’impressionnisme ne s’arrêtent pas à la forme. Nous savons qu’il entretenait des liens étroits avec les poètes et les peintres de son temps, qu’il les ait ou pas rencontrés personnellement. Le premier concert dédié à sa musique, en 1894, a été donné dans la galerie de la Libre Esthétique à Bruxelles, où les sonorités debussyennes ont côtoyé des toiles récentes de Renoir, Gauguin ou Sisley. Il aimait le vague onirique de Turner, qui était allé jusqu’à s’attacher au mât d’un voilier durant une tempête pour ressentir la fusion des éléments. Debussy admirait également les estampes japonaises du XIXe siècle. Peut-être voyait-il, dans les formes aplaties en silhouette d’Hokusai, qui représentait la pluie sous forme de lignes vigoureuses, un impressionnisme à l’orientale.

J’aime les images presque autant que la musique“, confiait Debussy dans une lettre à E. Varèse. S’il fondait souvent ses œuvres sur des sujets empruntés à la poésie ou à la peinture, il se défendit un jour d’en employer les techniques. Mais peut-être son propos nous est-il parvenu déformé. Son utilisation ambiguë de la tonalité, qui l’a mené à la musique modale, ou sa manière de pallier aux limites techniques du piano en prolongeant artificiellement les sons, l’attention qu’il portait à la nuance des couleurs et aux contrastes de registres, sa conception de l’harmonie – originale pour l’époque – qui bouleverse la rupture admise entre consonance et dissonance, ne sont-ils pas à sa musique ce que les jeux de lumière et la division de la touche sont aux toiles des impressionnistes ?

Le château de Norham, lever de soleil, par William Turner

Le château de Norham, lever de soleil, par William Turner

Marc Honegger a écrit, à propos de la musique pour piano de Debussy, “les notes donnent l’impression non pas tant des notes elles-mêmes que de leurs harmoniques ou même d’autres sons, que l’on ne peut entendre mais seulement imaginer“. Image, illusion, impression, mais qui se veulent témoins de la réalité. Si Debussy vilipendait le vérisme – équivalent musical en Italie du Naturalisme français – c’est peut-être parce que, pour lui comme pour les peintres impressionnistes, il n’y a de réalisme que des impressions, des perceptions changeantes d’une réalité mouvante. Entre la vision intérieure de l’artiste et la réalité, l’œuvre tente désespérément de combler un vide. Debussy ressentait la création comme un processus douloureux et révoltant, dont le résultat n’était qu’un compromis passé avec sa perception intime du monde.

Debussy savait apprécier la peinture impressionniste et y puiser des éléments d’inspiration. Pourtant, il lui reconnaissait une limite que seule la musique, selon lui, serait en mesure de dépasser. Alors que le peintre ne peut rendre les jeux de lumière qu’à travers une image statique, le compositeur bénéficie d’un matériau absent de l’espace, mais qui s’exprime dans le temps, et peut ainsi rendre la fugacité des ambiances naturelles. Un peintre cependant, Monet, a tenté de restituer les variations de couleur et de lumière à travers le principe des séries, en peignant notamment la cathédrale de Rouen à différentes heures du jour.

La cathédrale de Rouen, par Claude Monet

La cathédrale de Rouen, par Claude Monet

Dans ses Images pour piano, Debussy nous livre ainsi une succession kaléidoscopique d’images qui maintiennent en éveil l’imagination visuelle. Selon Edward Lockspeiser, “(…) Debussy recourt parfois à l’imitation [...], mais presque toujours, c’est l’évocation qui surtout l’intéresse (…)”.

C’est avec les Préludes que j’ai choisi d’écrire Le Chant de Vaudémont, car il s’agit de l’œuvre par laquelle j’ai découvert Debussy, et celle que j’entends en premier lieu à la seule évocation de son nom. La forteresse de Vaudémont, en grande partie enfouie sous la terre et que l’on aperçoit à travers un véritable voile végétal, m’a tout de suite rappelé les ruines de la légendaire cité d’Ys,  visible à travers le rideau aquatique de l’océan, et qui se dévoile à marée basse. Cette cité en hommage à laquelle Debussy a composé l’un de ses plus fameux préludes : La Cathédrale engloutie. Au-delà des ruines dévastées par le temps et les Éléments se cache la nature complexe du rapport de l’homme à son passé, qu’il ne peut qu’entrevoir à travers des images floues et déformées, des fragments de témoignages. L’impressionnisme, tant musical que pictural, témoigne de la perception que nous avons de notre environnement spatio-temporel, qui marque les limites de notre appréhension du réel.

H.F.

Bibliographie :

DEBUSSY, Claude. Monsieur Croche et autres écrits. 2e édition. Paris : Gallimard, 1987. 361 p. (L’imaginaire).

HONEGGER, Marc (dir.). Dictionnaire de la musique : les hommes et leurs œuvres. Tome I : A-K. 2e édition. Paris : Bordas, 1986. 677 p. (Collection Marc Honegger).

LOCKSPEISER, Edward, HALBREICH, Harry. Claude Debussy. Paris : Fayard, 1980. 823 p. (Les indispensables de la musique).